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Sermon de l`archevêque Mieczyslaw Mokshitzky lors de l`inauguration de l`Année du Sacré-Cœur de Jésus en Ukraine

: 341 2026-01-19 12:01:36

Le 16 janvier 2026, au Sanctuaire national de la Mère de Dieu de Berdytchiv en Ukraine, a eu lieu un pèlerinage pour ouvrir l’année dédiée au Très Saint Cœur de Jésus. L’archevêque Mieczysław Mokrzycki, métropolite de Lviv pour l’église catholique romaine a prononcé cette homélie, où il a rappelé le chemin historique de l’Église en Ukraine, l’expérience des persécutions et du renouveau, et a souligné l’importance de la prière, de la conversion et de la confiance en Dieu dans le contexte de la guerre. « Dans le Cœur de Jésus se trouve le salut du monde. »

Votre Excellence Monseigneur l’Archevêque Visvaldas, Nonce apostolique !
Vénérables Frères dans l’épiscopat !
Très chers Pères et personnes consacrées !
Bien-aimés Frères et Sœurs dans le Christ !

Aujourd’hui, en ce lieu particulier, nous inaugurons dans notre Église catholique romaine en Ukraine l’Année dédiée au Très Saint Cœur de Jésus. Ce sanctuaire de Berdytchiv est redevenu un lieu de culte, un lieu de prière et de louange de Dieu, tout comme de nombreux autres sanctuaires aujourd’hui actifs, après le rétablissement des structures de l’Église en Ukraine et grâce à la foi de personnes qui n’ont jamais cessé de croire, même lorsque les sanctuaires étaient détruits et que la foi était reléguée dans la clandestinité.

Aujourd’hui, Berdytchiv est un lieu de vérité spirituelle qui affirme que l’on peut détruire les murs d’un sanctuaire, réduire au silence la prière des hommes, mais qu’il est impossible de tuer le Cœur de Dieu qui bat pour ses enfants. L’histoire de ce lieu est une icône du destin de l’Église catholique romaine en Ukraine : privée de structures, de pasteurs et de sanctuaires, mais jamais privée de la foi.

La Très Sainte Vierge Marie de Berdytchiv était et demeure présente parmi ses enfants, même lorsqu’aucun culte officiel n’était célébré. Elle était présente dans les foyers, dans le murmure discret des prières, dans la récitation du Rosaire, dans le cœur des mères et des pères qui transmettaient la foi à leurs enfants. Et aujourd’hui, lorsque la liturgie de l’Église retentit de nouveau en ce lieu, ce sanctuaire devient le témoin que ce qui peut sembler mort aux yeux des hommes peut renaître à la vie en Dieu. C’est pourquoi l’Année du Très Saint Cœur de Jésus commence précisément dans cette église : car d’un sanctuaire restauré peut jaillir la renaissance des cœurs.

Bien-aimés Frères et Sœurs dans le Christ ! Nous ne pouvons parler du Très Saint Cœur de Jésus sans contempler sa Mère. C’est elle qui a porté Jésus sous son cœur. C’est elle qui a entendu la première le rythme de ses battements. Elle se tenait au pied de la croix lorsque le Cœur du Fils de l’Homme fut transpercé par la lance ; alors, son propre cœur fut transpercé par l’épée de la douleur. Saint Bernard de Clairvaux disait : « Par le cœur de Marie, nous parvenons au Cœur de Jésus. »

C’est pourquoi nous pouvons affirmer avec assurance que Marie ne retient jamais l’attention des hommes sur elle-même. Comme autrefois à Cana de Galilée, elle répète aujourd’hui encore : « Faites tout ce qu’il vous dira » [1] . Et Jésus dit aujourd’hui à l’Église : « Apprenez de moi, car je suis doux et humble de cœur » [2] . Saint Jean l’Apôtre, témoin de la mort de Jésus sur la croix, a consigné des paroles clés pour notre foi : « Un des soldats lui perça le côté, et aussitôt il en sortit du sang et de l’eau » [3] . Les Pères de l’Église voyaient dans cet événement le moment de la naissance de l’Église. C’est peut-être pourquoi saint Augustin écrivait : « Du côté ouvert du Christ ont jailli les sacrements de l’Église. » En d’autres termes, de ce Cœur de Dieu transpercé est née la vie de l’Église, ta vie et la mienne, car nous sommes l’Église. L’Église ne naît pas de l’effort humain ; elle naît d’un amour sans limites. L’Église en Ukraine renaît de l’amour infini du Cœur de Dieu : non par compromis ni par calculs, mais par la fidélité, dont le sommet fut la croix.

Cette année marque également le 35ᵉ anniversaire du rétablissement de la structure hiérarchique de l’Église catholique romaine en Ukraine. Nous évoquons donc avec gratitude saint Jean-Paul II qui, avec le courage propre à la foi, a rendu à l’Église ses prêtres et a restauré sa hiérarchie. Ce fut un acte profondément évangélisateur du cœur du Saint-Père envers une Église souffrante, persécutée pendant des décennies, torturée et réduite au silence. C’est pourquoi nous voulons aujourd’hui proclamer publiquement que nous nous souvenons de l’Église des catacombes : des prêtres zélés et fidèles jusqu’à la mort, des évêques clandestins comme feu l’évêque Jan Cieński, des laïcs qui n’ont pas trahi le Cœur de Jésus malgré les menaces d’emprisonnement, de déportation ou de mort.

Nous rappelons avec émotion le courage et les décisions prophétiques de saint Jean-Paul II, qui a rendu à l’Église sa dignité et sa hiérarchie. Le premier métropolite de l’archidiocèse de Lviv restauré fut le cardinal Marian Jaworski, dont nous célébrerons le centenaire de la naissance le 21 août de cette année. Le Saint-Père l’avait choisi parce qu’il voyait en lui un pasteur doux et fidèle, profondément enraciné dans la prière, conscient que l’Église doit d’abord être reconstruite à genoux, avant toute restauration administrative. Pour l’Église en Ukraine renaissant des ruines, saint Jean-Paul II a consacré les premiers évêques de l’après-guerre : Jan Olszański, Jan Purwiński, Rafał Kiernicki et Markijan Trofimiak, les choisissant parmi un petit groupe de prêtres, mettant en lumière leur foi, leur courage et leur amour pour l’Église. Il n’est sans doute pas fortuit que, vingt-cinq ans plus tard, saint Jean-Paul II soit venu en Ukraine pour nous exhorter à avancer au large, à ne pas craindre les obstacles e, forts dans la foi, à demeurer fermes dans la vérité et la justice de Dieu. En juin, nous célébrerons cet anniversaire et rendrons grâce au Seigneur pour la venue du Pontife sur notre terre.

Bien-aimés Frères et Sœurs dans le Christ ! Saint l’archevêque Józef Bilczewski, métropolite de Lviv, a laissé ces paroles qui résonnent aujourd’hui comme un testament spirituel, comme une parole prophétique : « Dans le Cœur de Jésus se trouvent le salut du monde, la paix et la victoire que le monde ne peut donner. » Ces paroles expriment l’essence même de l’Année que nous ouvrons aujourd’hui. La paix que désire le monde ne naît pas de l’équilibre des forces, mais de la conversion des cœurs. La victoire dont l’homme a besoin ne réside pas dans la défaite des autres, mais dans la victoire sur le péché, la haine et le désespoir.

Nous ne pouvons parler aujourd’hui du Très Saint Cœur de Jésus sans évoquer le drame de la guerre qui ravage la terre ukrainienne. L’Ukraine est aujourd’hui une terre blessée : des vies sont perdues, des villes détruites, et dans de nombreux cœurs s’accumulent la peur, le deuil et la question : « Où est Dieu ? » L’Église ne fuit pas cette question ; elle répond : « Dieu est là où se trouve la croix. Et là où se trouve la croix, bat le Cœur du Christ. » Le Cœur de Jésus bat aujourd’hui dans le cœur des mères qui pleurent leurs fils et leurs filles, dans le cœur de ceux qui défendent la vie et la dignité d’autrui, dans les hôpitaux, les abris, les villes et villages détruits, dans le silence des cimetières et dans la prière de ceux qui continuent à croire en un Dieu aimant et miséricordieux.

Saint Jean-Paul II, qui connaissait la cruauté de la guerre, disait : « Il n’y a pas de paix sans justice, et il n’y a pas de justice sans pardon. » Ce sont des paroles exigeantes. C’est pourquoi l’Église ne bénit pas les guerres et ne justifie pas la violence. Elle se tient au pied de la croix avec la Mère de Dieu et proclame que le mal n’a pas le dernier mot. Ainsi, aujourd’hui, en temps de guerre, l’Église en Ukraine se confie au Très Saint Cœur de Jésus, car si les cœurs ne sont pas guéris par l’amour de Dieu, même lorsque les combats cesseront, la guerre ne sera pas réellement terminée. En temps de guerre, l’Année du Cœur de Jésus nous appelle à la conversion des cœurs, à la réparation et à la confiance. Sainte Marguerite-Marie Alacoque entendit Jésus dire : « Voici ce Cœur qui a tant aimé les hommes. » Répondons-nous par l’amour à l’Amour ? Oui ! Et nous voulons continuer à le faire à travers le pèlerinage de l’image du Cœur de Jésus, signe visible et reconnaissable de cette Année.

Aujourd’hui, nous remettrons les images du Cœur de Dieu à chaque diocèse de l’Église catholique romaine en Ukraine. Ne considérez pas ce geste comme une simple initiative organisationnelle ou dévotionnelle : accueillez ce pèlerinage comme un signe profond de la foi de l’Église, qui désire que le Cœur de Jésus aille à la rencontre de son peuple, qu’il visite les paroisses, les communautés et les familles. Comme la Vierge Marie se rendit chez Élisabeth en portant le Christ en son sein, l’Église porte aujourd’hui l’image du Cœur de Jésus dans les foyers et les cœurs des fidèles. Cette image n’est pas un simple symbole ; elle rappelle la présence vivante du Christ qui dit : « Voici que je me tiens à la porte et je frappe » [4] .

Ce pèlerinage doit être un signe d’unité, d’espérance et d’amour de Dieu ; il doit fortifier les liens de la communauté ecclésiale autour de l’Eucharistie et de la prière. Lorsque l’image du Cœur de Jésus entrera dans nos sanctuaires et nos maisons, elle nous posera silencieusement mais fermement la question : « Permettras-tu vraiment au Christ de vivre en toi ? » Que ce pèlerinage devienne un chemin de renouveau spirituel pour les familles, qu’il nous enseigne la prière commune, le pardon et l’attention mutuelle, et qu’il nous aide à redécouvrir que l’Église est une maison et non une simple institution.

Aujourd’hui, au Sanctuaire de Notre-Dame de Berdytchiv, l’Église en Ukraine s’agenouille non devant la puissance du monde, mais devant la grandeur du Cœur du Sauveur, et par les mains de Marie, elle lui confie tout le peuple ukrainien, ses familles, ses évêques et prêtres, les personnes consacrées, les jeunes et les enfants, les blessés, les prisonniers, tous ceux qui souffrent physiquement et spirituellement, les morts au combat et les victimes innocentes de la guerre et de l’égoïsme humain, ainsi que l’avenir de cette terre. Elle s’en remet à lui, convaincue que le Cœur de Jésus est plus fort que la guerre, la haine et la mort, et que de son Cœur transpercé jaillit une vie qui triomphe de la mort. Ainsi s’accomplissent les paroles de saint Józef Bilczewski : « Dans le Cœur de Jésus se trouve le salut du monde. »
Amen.

terredecompassion.com


<p><span style="color: #4c4c4c; font-family: Raleway; font-size: 11px; text-align: center;">© Olena Smaha</span></p>

© Olena Smaha


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